Leader de la vente d'Agneau en France

À qui donner un tiers de son mouton de l’Aïd ?

Au sommaire de cet article

L’Aïd al-Adha est une occasion de piété, de partage et de solidarité. L’un des aspects essentiels du sacrifice est la distribution de la viande, notamment aux nécessiteux. Mais qui sont-ils en islam, et comment doit-on répartir la viande de son sacrifice ?

Qui sont les nécessiteux en Islam ?

L’islam accorde une grande importance à l’aide aux plus démunis. Le terme « nécessiteux » (al-fuqara’ et al-masakin) est mentionné à plusieurs reprises dans le Coran et la Sunnah.

 

Définition Coranique

Dans la sourate At-Tawbah, Allah mentionne ceux qui ont droit à l’aumône :

« Les aumônes ne sont destinées que pour les pauvres (fuqara’), les miséreux (masakin), ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner, l’affranchissement des esclaves, ceux qui sont endettés, dans le sentier d’Allah et pour le voyageur en détresse. C’est un décret d’Allah ! Et Allah est Omniscient et Sage. » (Sourate At-Tawbah, 9:60)

Les « fuqara' » désignent ceux qui n’ont pas assez pour subvenir à leurs besoins, tandis que les « masakin » sont dans une situation précaire mais légèrement meilleure que les « fuqara' ».

 

Les catégories prioritaires selon les savants

Les savants de l’islam, à travers leurs exégèses et fatwas, ont précisé à qui il est préférable de donner la viande du sacrifice :

  1. Les plus démunis parmi la communauté locale : Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a dit :

    « Celui qui dort rassasié alors que son voisin a faim n’est pas un vrai croyant. » (Hadith rapporté par Al-Hakim et authentifié par Al-Albani)

    Ce hadith montre l’importance de privilégier les nécessiteux de son entourage immédiat.

  2. Les membres de la famille dans le besoin :

    Le Prophète (sws) a dit : « Donner en aumône à un pauvre est une aumône, mais donner à un proche est une double récompense : celle de l’aumône et celle du maintien des liens de parenté. » (Hadith rapporté par At-Tirmidhi, 658, et authentifié par Al-Albani)

    Ainsi, si un membre de la famille est dans le besoin, il est préférable de lui donner une part du sacrifice.

  3. Les nécessiteux de la communauté musulmane mondiale :

    « Le meilleur des hommes est celui qui est le plus utile aux autres. » (Hadith rapporté par At-Tabarani, authentifié par Al-Albani)

    De nombreux savants soulignent que si la communauté locale n’a pas de nécessiteux, il est alors louable d’envoyer une part du sacrifice vers des pays où les musulmans souffrent de famine ou de guerre.

 

Explication des Savants et Fatwas

L’imam An-Nawawi, dans son ouvrage « Al-Majmu' », explique que la viande du sacrifice peut être donnée à toute personne en difficulté, qu’elle soit musulmane ou non, bien que la priorité doive être donnée aux musulmans en état de pauvreté.

Le Cheikh Ibn Baz (rahimahoullah) a déclaré :

« Il est recommandé de partager le mouton de l’Aïd en trois parts : une pour la consommation personnelle, une pour les amis et voisins, et une pour les pauvres. Toutefois, si une personne souhaite donner la totalité de son sacrifice aux pauvres, cela est aussi permis. »

Dans une fatwa émise par Dar al-Ifta al-Misriyyah, il est précisé que la sagesse du partage du sacrifice est d’assurer que tous puissent profiter de cette bénédiction et que personne ne soit privé de viande, particulièrement ceux qui n’en consomment que rarement dans l’année.

Quelle répartition du mouton ?

Selon la Sunnah, la viande du sacrifice doit être répartie en trois parts :

  1. Une part pour la famille : afin d’honorer cette occasion sacrée.

  2. Une part pour les amis et voisins : renforçant ainsi les liens sociaux.

  3. Une part pour les nécessiteux : pour aider ceux qui sont dans le besoin.

Le Cheikh Ibn Uthaymin (rahimahoullah) a expliqué :

« L’essentiel est de partager le mouton conformément à l’esprit de l’Aïd, sans être strict sur les proportions exactes. L’important est que les pauvres reçoivent une part. » (Fatawa Noor ‘Ala Ad-Darb, 112/4)

Doit-on donner la priorité à la famille ou aux plus pauvres ?

Le choix entre donner à sa famille ou aux plus pauvres dépend de la situation :

  • Si des membres de la famille sont dans le besoin, ils sont prioritaires.

  • S’il n’y a pas de proches nécessiteux, il est préférable de donner aux pauvres de la communauté locale.

  • En l’absence de nécessiteux locaux, il est recommandé d’acheminer l’aide vers les régions les plus pauvres du monde musulman.

Pourquoi partager son mouton ?

Distribuer la viande de l’Aïd selon les recommandations islamiques a un impact social important :

  • Réduction des inégalités : en permettant à tous de profiter de la fête.

  • Renforcement des liens communautaires : en partageant avec ses voisins et amis.

  • Propagation de l’esprit de solidarité : en inculquant aux jeunes l’importance du don et de l’entraide.

L’érudit Ibn Qayyim al-Jawziyya a écrit dans « Zad al-Ma’ad » que la charité durant l’Aïd al-Adha renforce la fraternité entre les musulmans et rappelle que l’islam n’est pas une religion égoïste mais fondée sur le soutien mutuel.

Que chacun puisse faire de ce jour de fête un moment de joie et de partage, conformément aux enseignements du Prophète (sws). 🤲

Je partage cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *