Après un accouchement, le corps et l’esprit traversent une période de profonde transformation. Fatigue intense, douleurs, bouleversements hormonaux, émotions instables… Beaucoup de femmes, et parfois leurs conjoints, s’interrogent alors sur les pratiques naturelles recommandées en Islam pour retrouver un équilibre. La hijama après l’accouchement fait partie des questions fréquemment posées, entre recherche de bienfaits et crainte de mal faire.
Cet article s’appuie exclusivement sur les sources religieuses, les enseignements de la Sunna, et les avis des savants, sans exagération ni promesse infondée.
Qu’est-ce que la hijama en Islam ?
La hijama est une pratique thérapeutique traditionnelle consistant à extraire une petite quantité de sang superficiel à l’aide de ventouses, après de légères incisions. Elle fait partie de la médecine prophétique et occupe une place particulière en Islam.
Le Prophète ﷺ a recommandé la hijama à plusieurs reprises. Il a affirmé que parmi les meilleurs remèdes figurent la hijama, le miel et la cautérisation, tout en déconseillant cette dernière sauf nécessité. Cette parole montre clairement que la hijama est autorisée, encouragée, mais jamais obligatoire.
En Islam, la hijama est considérée comme un moyen, non comme une guérison en soi. La guérison provient d’Allah seul.
La hijama est-elle permise après un accouchement ?
D’un point de vue religieux, il n’existe aucun texte interdisant la hijama après l’accouchement. La pratique est donc licite en soi. Cependant, l’Islam insiste sur un principe fondamental : ne pas se nuire volontairement.
Après un accouchement, la femme traverse la période des lochies (saignements post-partum). Son corps est affaibli, ses réserves de sang diminuées, et son organisme est en phase de récupération. Dans ce contexte, les savants et praticiens sérieux mettent en garde contre toute pratique pouvant accentuer la faiblesse.
Ainsi, la question n’est pas seulement “est-ce permis ?”, mais surtout “est-ce approprié à ce moment précis ?”.
Hijama et lochies : ce que la prudence impose
Durant les lochies, la femme perd naturellement du sang. Ajouter une extraction sanguine par la hijama peut provoquer une fatigue excessive, des étourdissements ou un retard de récupération. Même si la hijama est une Sunna, elle ne doit jamais être pratiquée au détriment de la santé.
Aucun hadith authentique ne rapporte que le Prophète ﷺ ait recommandé la hijama à une femme venant d’accoucher, ni pendant une période de grande faiblesse physique. L’absence de texte spécifique invite à la prudence, non à l’interdiction catégorique.
De nombreux savants rappellent que la Sunna ne se pratique pas de manière mécanique, mais en tenant compte du contexte et de la capacité de la personne.
Quand envisager la hijama après l’accouchement ?
En pratique, il est généralement conseillé d’attendre que :
– les lochies soient complètement terminées
– le corps ait retrouvé une certaine stabilité
– la femme ne ressente plus de grande fatigue ou de vertiges
Cela correspond souvent à plusieurs semaines après l’accouchement, parfois plus selon les cas. L’Islam ne fixe aucun délai précis, car chaque corps est différent.
Lorsque la femme se sent plus forte, que son alimentation est suffisante et que son état général est bon, la hijama peut alors être envisagée comme un soutien, et non comme une urgence.
Hijama, allaitement et responsabilités
L’allaitement est une autre réalité à prendre en compte. Une femme qui allaite dépense beaucoup d’énergie et de nutriments. Une hijama mal programmée pourrait accentuer la fatigue ou provoquer une baisse de vitalité.
Là encore, l’Islam enseigne l’équilibre. Il n’est jamais demandé à une mère de s’épuiser au nom d’une pratique recommandée. Préserver sa force pour son enfant fait partie de ses responsabilités légitimes.
Le père, lorsqu’il est présent, a également un rôle à jouer en accompagnant, en soutenant et en évitant toute pression religieuse mal comprise.
La hijama n’est pas une obligation spirituelle
Il est essentiel de rappeler que ne pas faire la hijama après un accouchement n’est absolument pas un manquement religieux. La hijama est une Sunna recommandée, pas un devoir. Une femme qui choisit de repousser ou de ne pas pratiquer la hijama n’encourt aucun péché.
En Islam, la priorité après un accouchement reste la récupération, la préservation de la santé, et le bien-être psychologique. La religion ne demande jamais de sacrifier l’un pour l’autre.
Agir avec science, sagesse et sincérité
Lorsqu’il s’agit de santé, l’Islam encourage à consulter des personnes compétentes, à ne pas suivre des discours excessifs, et à éviter les promesses miracles. Si une information n’est pas clairement établie dans les sources, il est obligatoire de le dire.
Faire la hijama après l’accouchement peut être bénéfique pour certaines femmes, à un moment approprié, dans de bonnes conditions. Pour d’autres, attendre ou s’abstenir est plus sage. Les deux choix peuvent être conformes à l’Islam.
FAQ – Faire la hijama après l’accouchement
La hijama est-elle autorisée après un accouchement en Islam ?
Oui, la hijama est autorisée en Islam de manière générale. Aucun texte du Coran ni de la Sunna n’interdit explicitement la hijama après un accouchement. Toutefois, l’Islam repose sur un principe fondamental : ne pas se nuire volontairement. La permission religieuse doit donc toujours être mise en lien avec l’état de santé réel de la femme.
Peut-on faire la hijama pendant les lochies après l’accouchement ?
Les sources islamiques ne rapportent aucune recommandation encourageant la hijama pendant la période des lochies. Cette période étant marquée par une perte de sang naturelle et une grande fatigue, la prudence est fortement conseillée. En l’absence de texte clair, il est préférable d’éviter toute pratique pouvant affaiblir davantage le corps.
Combien de temps attendre avant de faire la hijama après un accouchement ?
L’Islam ne fixe aucun délai précis. Chaque corps récupère différemment après un accouchement. Il est généralement conseillé d’attendre la fin complète des lochies et un retour à un état physique stable avant d’envisager la hijama, sans précipitation.
La hijama est-elle compatible avec l’allaitement ?
L’allaitement sollicite fortement l’organisme de la mère. La hijama reste permise, mais elle ne doit pas provoquer de fatigue excessive ni fragiliser la mère. L’Islam valorise l’équilibre et la préservation de la capacité à prendre soin de l’enfant.
Ne pas faire la hijama après l’accouchement est-il un péché ?
Non. La hijama est une Sunna, pas une obligation. Ne pas la pratiquer, y compris après un accouchement, n’est pas un péché. En Islam, la santé et le bien-être priment toujours sur les actes recommandés.
Faut-il consulter avant de faire une hijama après un accouchement ?
Oui. L’Islam encourage à consulter des personnes compétentes et fiables lorsqu’il s’agit de santé. Il est important d’éviter les discours exagérés ou les promesses de guérison non fondées religieusement.








