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Aqiqa quand les parents ne sont pas musulmans : que faire en Islam ?

Au sommaire de cet article
aqiqa parents non musulmans

La question se pose souvent chez les convertis ou chez les musulmans issus de familles non pratiquantes : mes parents n’étaient pas musulmans au moment de ma naissance, ils n’ont donc pas fait mon aqiqa. Dois-je la faire aujourd’hui ? Derrière cette interrogation se cache parfois une inquiétude religieuse ou le sentiment d’avoir “manqué” quelque chose. Pourtant, en droit islamique, la réponse est claire et rassurante.

L’aqiqa est à l’origine une sunna liée à la naissance de l’enfant. Elle incombe au père musulman s’il en a les moyens financiers. Le Prophète ﷺ a dit : « Chaque enfant est lié à son aqiqa. On sacrifie pour lui le septième jour, on lui rase la tête et on lui donne un nom. » Rapporté par Abû Dâwûd (2838), At-Tirmidhî (1522) et authentifié par Al-Albânî. Ce texte s’adresse aux familles musulmanes. Il ne concerne pas des parents qui ne reconnaissaient pas l’Islam au moment de la naissance de leur enfant.

Les parents non musulmans sont-ils responsables religieusement ?

En Islam, une obligation religieuse ne s’applique qu’à celui qui est soumis à la loi islamique en tant que musulman. Un parent non musulman n’est donc pas concerné par la sunna de l’aqiqa et ne peut être considéré comme ayant négligé une prescription religieuse islamique. Il n’y a ni faute, ni manquement à leur reprocher du point de vue du fiqh.

De plus, un principe fondamental doit être rappelé, en particulier pour les convertis : le Prophète ﷺ a dit « L’Islam efface ce qui le précède » (rapporté par Muslim, 121). Cela signifie qu’aucune obligation religieuse ne pèse rétroactivement sur une personne pour des actes antérieurs à son Islam. L’aqiqa non accomplie durant l’enfance ne devient pas une dette à régulariser après la conversion.

Le musulman peut-il faire son aqiqa lui-même à l’âge adulte ?

La question rejoint celle plus large de l’aqiqa pour un adulte, sur laquelle les savants ont divergé. Dans l’école malikite, l’aqiqa est étroitement liée au temps de la naissance et ne se rattrape pas au-delà de la période prescrite. L’imam Mâlik رحمه الله adopte cette position, comme mentionné dans Al-Mudawwana al-Kubrâ. Selon cette approche, l’aqiqa n’est plus demandée une fois le temps passé.

En revanche, dans l’école shaféite, certains savants permettent à la personne devenue adulte de faire son aqiqa si elle ne l’a pas reçue. L’imam An-Nawawî رحمه الله évoque cette possibilité dans Al-Majmû‘. On retrouve également chez certains hanbalites, comme Ibn Qudâma رحمه الله dans Al-Mughnî, la mention d’un avis autorisant cette pratique.

Il est donc permis, selon des avis reconnus du fiqh classique, qu’un musulman fasse son aqiqa pour lui-même. Toutefois, cette permission ne signifie pas obligation.

Est-ce obligatoire dans ce contexte précis ?

La réponse est sans ambiguïté : non. Même à la naissance, l’aqiqa est considérée par la majorité des savants comme une sunna mu’akkada, et non comme une obligation. Elle dépend en outre de la capacité financière du père, conformément au verset : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (Sourate Al-Baqara, 2:286).

Si les parents n’étaient pas musulmans, l’aqiqa ne leur incombait pas. Si le musulman est devenu adulte sans avoir reçu d’aqiqa, il n’est tenu à rien. Il ne s’agit ni d’un rattrapage obligatoire ni d’une dette religieuse.

Pourquoi certains choisissent-ils malgré tout de la faire ?

Pour certains convertis, accomplir une aqiqa à l’âge adulte revêt une dimension symbolique. Il ne s’agit pas de réparer un manque, mais de poser un acte volontaire, d’inscrire sa foi dans un geste concret et d’imiter une pratique prophétique dans la mesure du possible.

Les savants qui permettent l’aqiqa adulte considèrent que le sacrifice en lui-même est un acte licite et méritoire lorsqu’il est accompli avec une intention sincère. Cheikh Ferkous حفظه الله explique, dans sa fatwa n°584, que l’aqiqa est liée à l’enfance mais que l’acte peut être accompli par un adulte sans que cela constitue une innovation, tant qu’il ne l’élève pas au rang d’obligation.

Dans cette perspective, l’aqiqa devient une œuvre surérogatoire et non une contrainte.

Comment procéder si l’on souhaite faire son aqiqa ?

Si le musulman choisit d’accomplir son aqiqa, il peut suivre les règles générales mentionnées dans la sunna : deux moutons pour un homme, un mouton pour une femme, conformément au hadith : « Pour le garçon, deux bêtes semblables ; pour la fille, une seule » rapporté par Abû Dâwûd (2834) et authentifié par Al-Albânî.

La viande peut être consommée, offerte aux proches et distribuée aux nécessiteux. Il n’est pas requis de se raser la tête à l’âge adulte. L’essentiel réside dans l’intention et dans la compréhension correcte du statut juridique de l’acte.

Faut-il faire son aqiqa si ses parents ne sont pas musulmans ?

En résumé, le musulman dont les parents ne sont pas musulmans n’a aucune obligation religieuse liée à l’aqiqa non accomplie dans son enfance. Il ne porte aucune faute et n’a aucune dette à régler. S’il choisit de faire une aqiqa à l’âge adulte, il agit selon un avis juridique valable, dans le cadre d’une démarche volontaire et spirituelle. S’il ne la fait pas, il n’y a sur lui ni péché ni manquement.

L’Islam ne transforme pas l’absence d’un acte surérogatoire en charge permanente. Il laisse place à la sagesse, à la capacité et à l’intention sincère.

FAQ – Aqiqa quand les parents ne sont pas musulmans

Dois-je faire mon aqiqa si mes parents ne sont pas musulmans ?
Non, vous n’avez aucune obligation religieuse. L’aqiqa est une sunna liée à la responsabilité du père musulman au moment de la naissance. Si vos parents n’étaient pas musulmans, aucune faute ne leur est imputée et vous ne portez aucune dette religieuse.
Puis-je faire mon aqiqa moi-même à l’âge adulte ?
Oui, selon certains avis juridiques reconnus dans les écoles shaféite et hanbalite, il est permis de faire son aqiqa à l’âge adulte. Toutefois, cela reste un acte volontaire et non obligatoire.
L’aqiqa est-elle obligatoire après une conversion à l’Islam ?
Non. La conversion efface les obligations religieuses antérieures. Il n’existe aucune preuve imposant au converti de rattraper une aqiqa non faite durant l’enfance.
Combien de moutons faut-il pour une aqiqa adulte ?
Deux moutons pour un homme et un mouton pour une femme, conformément à la sunna. Toutefois, cela n’est requis que si la personne choisit volontairement d’accomplir l’aqiqa.
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