La séparation ou le divorce des parents soulève de nombreuses questions religieuses, notamment concernant les responsabilités envers l’enfant. Parmi elles, une revient fréquemment : lorsque les parents sont séparés, qui doit faire l’Aqiqa en Islam ?
Cette question touche à la fois au fiqh familial, à la responsabilité financière et à la Sunna prophétique. Une réponse claire est indispensable pour agir conformément aux enseignements islamiques, sans confusion ni culpabilité.
À qui incombe l’Aqiqa selon la Sunna ?
En Islam, la responsabilité de l’Aqiqa incombe au père, car elle est liée à la charge financière de l’enfant.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Tout enfant est lié à son Aqiqa. On sacrifie pour lui le septième jour. »
Rapporté par Abû Dâwûd (n°2838) et At-Tirmidhî (n°1522).
Les savants expliquent que ce hadith s’adresse au responsable légal et financier de l’enfant, c’est-à-dire le père, même en cas de séparation ou de divorce.
Ibn Qudâma (رحمه الله) précise dans Al-Mughnî :
« L’Aqiqa est à la charge du père, car elle dépend de la prise en charge financière. »
Parents séparés : le divorce change-t-il la responsabilité de l’Aqiqa ?
Non. La séparation ou le divorce n’annule pas la responsabilité du père concernant l’Aqiqa, tant qu’il reste légalement le père de l’enfant.
Même si l’enfant vit avec la mère, le père demeure responsable de l’Aqiqa, car celle-ci n’est pas liée à la garde, mais à la filiation et à la capacité financière.
Allah dit :
« Le père doit assurer la subsistance et l’habillement de l’enfant de manière convenable. »
Sourate Al-Baqara, verset 233.
Les savants déduisent de ce verset que toute charge financière religieuse, dont l’Aqiqa fait partie, incombe au père, indépendamment de la situation conjugale.
Si le père refuse ou néglige de faire l’Aqiqa, que se passe-t-il ?
Si le père refuse volontairement de faire l’Aqiqa alors qu’il en a les moyens, il délaisse une Sunna fortement recommandée, mais aucun péché n’est inscrit, car l’Aqiqa n’est pas une obligation (fard).
Shaykh Ibn ‘Uthaymîn (رحمه الله) explique :
« L’Aqiqa est une Sunna confirmée. Celui qui la délaisse n’est pas pécheur, mais il perd une récompense. »
Dans ce cas, la mère n’est pas tenue religieusement de la remplacer, car la responsabilité ne repose pas sur elle à l’origine.
La mère peut-elle faire l’Aqiqa si les parents sont séparés ?
Oui, la mère peut faire l’Aqiqa, mais à titre volontaire, et non par obligation.
Si le père est absent, négligent, ou refuse catégoriquement, il est permis à la mère de faire l’Aqiqa par bienveillance envers son enfant, surtout si elle en a les moyens.
Les savants autorisent cela en se basant sur le principe général :
« Quiconque accomplit un acte de bien, Allah le rétribue. »
Cependant, il est important de comprendre que la mère n’est pas responsable du manquement du père, et qu’aucune faute ne lui est imputée si l’Aqiqa n’est pas faite.
Et si les parents sont séparés et que le père n’a pas les moyens ?
Si le père n’a pas la capacité financière, alors l’Aqiqa ne lui est pas demandée, conformément au principe fondamental :
Allah dit :
« Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »
Sourate Al-Baqara, verset 286.
Dans ce cas précis, ni le père ni la mère ne sont fautifs.
La mère peut, si elle le souhaite, faire l’Aqiqa plus tard, ou l’enfant pourra la faire lui-même une fois adulte, selon l’avis de plusieurs savants.
L’enfant peut-il faire lui-même son Aqiqa si ses parents sont séparés ?
Oui. Si l’Aqiqa n’a jamais été faite durant l’enfance, certains savants, notamment chez les chaféites et hanbalites, autorisent l’enfant devenu adulte à accomplir sa propre Aqiqa.
Cela est considéré comme un acte surérogatoire, motivé par la volonté de revivifier une Sunna et non par une obligation.
Ce qu’il faut retenir sur l’Aqiqa lorsque les parents sont séparés
En Islam, la séparation des parents ne modifie pas la règle de base : l’Aqiqa incombe au père, car elle est liée à la responsabilité financière et à la filiation.
Si le père refuse, est absent ou incapable, la mère peut la faire volontairement, sans y être obligée.
Aucun parent n’est pécheur si l’Aqiqa n’a pas été accomplie, et la porte reste ouverte, même des années plus tard, pour honorer cette Sunna.
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