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Peut-on faire un sacrifice pour plusieurs familles en Islam ?

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sacrifice plusieurs familles

À l’approche de l’Aïd al-Adha, une question revient fréquemment chez les musulmans, notamment lorsqu’il s’agit de solidarité familiale ou de contraintes financières : est-il permis de faire un seul sacrifice pour plusieurs familles ? Cette interrogation touche directement à la validité du rite, à son intention et à ce qu’Allah accepte ou non. Pour y répondre correctement, il est indispensable de revenir aux textes du Coran, à la Sunna authentique et aux avis des savants reconnus, sans approximation.

Le principe fondamental du sacrifice en Islam

Le sacrifice rituel (uḍḥiyah) est un acte d’adoration légiféré visant à se rapprocher d’Allah durant les jours du Nahr. Allah dit dans le Coran :

﴿ فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ ﴾
Sourate Al-Kawthar, verset 2

Ce rite est lié à une intention précise, à une personne ou un foyer, et non à une accumulation collective sans cadre juridique. En fiqh, la question centrale n’est donc pas le nombre de personnes bénéficiaires, mais pour qui l’intention du sacrifice est formulée.

Un seul sacrifice pour un foyer : ce que dit la Sunna

La Sunna authentique établit clairement qu’un seul sacrifice peut suffire pour un foyer entier, même si ses membres sont nombreux. Le terme utilisé par les savants est ahl al-bayt.

Le Prophète ﷺ sacrifiait un mouton et disait :

« Ô Allah, accepte de Muhammad, de la famille de Muhammad et de la communauté de Muhammad. »
Rapporté par Muslim (n°1967)

Les savants expliquent que le Prophète ﷺ incluait dans ce sacrifice les personnes à sa charge, vivant sous le même toit et dépendant du même responsable financier. Cela constitue une preuve claire qu’un sacrifice unique est valide pour une famille vivant dans un même foyer.

Peut-on inclure plusieurs familles distinctes dans un seul sacrifice ?

C’est ici que la confusion apparaît le plus souvent. Il n’est pas permis de faire un seul sacrifice obligatoire pour plusieurs familles distinctes, c’est-à-dire plusieurs foyers indépendants, même s’ils sont apparentés.

Les savants des quatre écoles sont unanimes sur ce point :
une uḍḥiyah ne peut représenter qu’un seul foyer, sauf dans un cas bien précis lié au type d’animal.

Cheikh Ibn Qudāmah explique dans Al-Mughnī :

« Le sacrifice concerne une personne et les membres de son foyer. Il ne suffit pas pour plusieurs foyers indépendants. »

Ainsi, un père ne peut pas faire un seul mouton pour lui, son fils marié vivant ailleurs et son frère, car chaque foyer est juridiquement distinct.

Le cas particulier du gros bétail partagé

Une exception existe mais elle est strictement encadrée. La vache et le chameau peuvent être partagés entre sept personnes, qu’elles soient ou non du même foyer.

Le Prophète ﷺ a dit :

« La vache est pour sept, et le chameau est pour sept. »
Rapporté par Muslim (n°1318)

Chaque part représente un sacrifice complet à part entière, avec une intention individuelle distincte. Dans ce cas précis, plusieurs familles peuvent participer, à condition que chaque part soit clairement attribuée à une personne.

En revanche, un mouton ne peut jamais être divisé entre plusieurs foyers pour remplir l’obligation du sacrifice.

Peut-on faire un sacrifice et offrir la récompense à d’autres familles ?

Il est permis de partager la récompense spirituelle du sacrifice avec d’autres musulmans, vivants ou morts, sans que cela transforme le sacrifice en acte collectif obligatoire.

Les savants distinguent clairement entre la validité juridique du sacrifice et le partage de la récompense par invocation. L’imam An-Nawawī précise que l’invocation pour autrui n’annule ni ne modifie l’acte initial, tant que l’intention principale reste conforme.

Cela signifie que l’on peut sacrifier pour son foyer tout en demandant à Allah d’en faire profiter d’autres familles, sans prétendre que le sacrifice remplace le leur.

Ce que le musulman doit retenir pour être en conformité

La règle est simple mais souvent mal comprise. Un mouton correspond à un foyer unique, sans exception. Une vache ou un chameau peuvent être partagés entre sept personnes, chacune représentant son propre sacrifice. Toute autre forme de mutualisation n’a aucune base religieuse solide et expose à un sacrifice invalide.

Respecter ces règles, c’est préserver la sincérité de l’adoration et s’assurer que l’acte accompli est accepté par Allah, conformément à la voie du Prophète ﷺ et à la compréhension des savants.

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