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L’accouchement de Maryam : le palmier, les dattes et la source (sourate 19)

Au sommaire de cet article

Il y a un moment que toutes les mères gardent en elles : celui où leur enfant est venu au monde. Les heures qui ne passent pas, la douleur qui revient encore et encore, et souvent cette phrase qu’on n’ose pas dire à voix haute : je n’en peux plus.

Si vous l’avez pensée un jour, vous n’êtes pas la première. Le Coran rapporte cette phrase dans la bouche d’une femme qu’Allah a choisie au-dessus de toutes les autres : Maryam, la mère de ‘Îsâ (que la paix soit sur lui). Son accouchement, seule au pied d’un palmier, est raconté dans la sourate qui porte son nom. C’est l’un des rares passages du Coran qui décrivent la naissance du point de vue de la mère.

À retenir

Dans la sourate Maryam (versets 22 à 26), Maryam accouche seule, au pied d’un palmier, et dit son épuisement sans détour. Une voix la console, fait jaillir une source à ses pieds et lui demande de secouer le tronc pour en faire tomber des dattes fraîches. Le récit retient trois choses : la douleur n’est pas un manque de foi, Allah demande un geste avant de donner le résultat, et l’enfant qui naît est « la joie des yeux ».

Une femme voilée, de dos, marche seule dans le désert vers un palmier lointain

Qui est Maryam dans le Coran ?

Maryam est la seule femme que le Coran nomme, et la dix-neuvième sourate porte son nom. Avant sa naissance, sa mère, la femme de ‘Imrân, l’avait vouée au service d’Allah. Elle l’a placée, elle et sa descendance, sous Sa protection, puis l’a confiée au sanctuaire, où Zakariyya se chargea d’elle (sourate Âl ‘Imrân, versets 36 et 37).

Devenue jeune femme, elle reçoit l’annonce d’un enfant sans qu’aucun homme ne l’ait touchée. Le Coran dit d’elle :

يَا مَرْيَمُ إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَاكِ وَطَهَّرَكِ وَاصْطَفَاكِ عَلَىٰ نِسَاءِ الْعَالَمِينَ

« Ô Maryam, certes Allah t’a élue et purifiée, et Il t’a élue au-dessus des femmes des mondes. »

Coran, sourate Âl ‘Imrân (3), verset 42.

Le récit de l’accouchement dans la sourate Maryam

Enceinte, Maryam s’éloigne des siens vers un lieu reculé. Le Coran ne précise ni l’endroit ni le moment de la journée. Il dit seulement que les douleurs l’ont conduite jusqu’au tronc d’un palmier, et il rapporte ses mots :

فَأَجَاءَهَا الْمَخَاضُ إِلَىٰ جِذْعِ النَّخْلَةِ قَالَتْ يَا لَيْتَنِي مِتُّ قَبْلَ هَٰذَا وَكُنتُ نَسْيًا مَّنسِيًّا

« Puis les douleurs de l’enfantement l’amenèrent au tronc du palmier, et elle dit : Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant, et que je fusse totalement oubliée ! »

Coran, sourate Maryam (19), verset 23.

Personne pour lui tenir la main. Et le Coran ne cache rien de ce qu’elle ressent : ni la douleur, ni la peur de ce que diront les siens, ni ce souhait de disparaître. La femme la plus honorée du Coran a eu ces mots, et ils n’ont rien retiré à son rang.

Une femme voilée assise seule contre le tronc d'un palmier, sous un ciel étoilé

« Ne t’afflige pas » : la source et le palmier

La réponse arrive aussitôt :

فَنَادَاهَا مِن تَحْتِهَا أَلَّا تَحْزَنِي قَدْ جَعَلَ رَبُّكِ تَحْتَكِ سَرِيًّا ۝ وَهُزِّي إِلَيْكِ بِجِذْعِ النَّخْلَةِ تُسَاقِطْ عَلَيْكِ رُطَبًا جَنِيًّا

« Alors il l’appela d’au-dessous d’elle : Ne t’afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source. Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. »

Coran, sourate Maryam (19), versets 24 et 25.

Qui l’appelle ? Les commentateurs divergent. Pour certains, c’est l’ange Jibrîl ; pour d’autres, c’est l’enfant lui-même, ‘Îsâ, à peine né. Le Coran ne le précise pas, et le sens du passage n’en dépend pas : la première parole adressée à Maryam après la douleur est une consolation, avant même un ordre.

Une femme voilée pose la main sur le tronc d'un palmier, des dattes tombent, une source coule à ses pieds

Secouer le palmier : faire les causes, laisser le résultat à Allah

Arrêtez-vous un instant sur ce verset. Une femme qui vient d’accoucher, seule, épuisée. Et on lui demande de secouer un palmier, un tronc que des hommes robustes ne feraient pas bouger.

Allah, qui est capable de toute chose, pouvait faire tomber ces dattes sans qu’elle lève le bras. Mais comme si souvent, Il nous demande de faire les causes. Le résultat, c’est Lui qui s’en occupe.

C’est une leçon que beaucoup de parents reconnaîtront. On ne maîtrise ni le déroulement d’une naissance, ni la santé d’un enfant, ni ce qu’il deviendra. On fait sa part, si petite soit-elle, et l’on remet le reste à Celui qui peut tout.

« Que ton œil se réjouisse » : l’enfant, joie des yeux

La voix achève ainsi :

فَكُلِي وَاشْرَبِي وَقَرِّي عَيْنًا

« Mange donc et bois, et que ton œil se réjouisse ! »

Coran, sourate Maryam (19), verset 26.

L’expression arabe évoque un œil apaisé, rafraîchi. C’est la même image que le Coran emploie pour les enfants, dans l’invocation des croyants :

رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ

« Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux. »

Coran, sourate Al-Furqân (25), verset 74.

Ce qui l’avait tant fait souffrir, Maryam le tenait désormais dans ses bras.

Ce que ce récit dit aux femmes enceintes aujourd’hui

Le récit de Maryam n’est pas un protocole médical, et il ne remplace ni la sage-femme ni le médecin. Mais il dit plusieurs choses qu’une future mère a le droit d’entendre :

  • Avoir peur ou dire « je n’en peux plus » n’est pas un manque de foi. Maryam l’a dit, et la réponse a été une consolation, pas un reproche.
  • Prendre soin de son corps fait partie du récit. Manger, boire, se reposer : c’est un ordre adressé à Maryam juste après la naissance. Les dattes y tiennent une place particulière, que nous détaillons dans notre article sur les dattes pendant la grossesse.
  • On peut invoquer à chaque étape. Avant, pendant et après la naissance, les invocations accompagnent la mère : voir les douas pour l’accouchement.
Une jeune mère, de dos, tient son nouveau-né dans une oasis, un agneau à ses côtés

De la datte du tahnik à la aqiqa du septième jour

Les dattes ne quittent pas l’histoire de la naissance. Dans la tradition du Prophète ﷺ, c’est encore une datte que goûte le nouveau-né. Abû Mûsâ raconte qu’il lui amena son fils à peine né : le Prophète ﷺ le nomma Ibrâhîm, lui frotta le palais d’une datte et invoqua sur lui la bénédiction. C’est le tahnik, rapporté par Bukhârî et Muslim.

Puis vient le septième jour. On donne son nom à l’enfant, et l’on sacrifie pour lui en remerciement : c’est la aqiqa. Après la douleur et la consolation, la naissance s’achève sur un seul mot : Alhamdulillah.

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Questions fréquentes sur l’accouchement de Maryam

Dans quelle sourate est racontée la naissance de ‘Îsâ ?

Dans la sourate Maryam, la dix-neuvième du Coran, aux versets 16 à 34. L’accouchement lui-même, au pied du palmier, occupe les versets 22 à 26. L’annonce faite à Maryam est aussi racontée dans la sourate Âl ‘Imrân, aux versets 42 à 47.

Où Maryam a-t-elle accouché ?

Le Coran ne nomme pas le lieu : il parle d’un « lieu éloigné », au pied d’un palmier, près d’une source. La tradition le situe souvent à Bethléem, mais le texte coranique ne le dit pas.

Qui a parlé à Maryam sous le palmier ?

Le verset dit seulement qu’une voix l’appela « d’au-dessous d’elle ». Les commentateurs divergent : certains y voient l’ange Jibrîl, d’autres l’enfant ‘Îsâ, qui venait de naître.

Pourquoi Maryam a-t-elle mangé des dattes après l’accouchement ?

Parce qu’Allah le lui a ordonné : « Mange donc et bois, et que ton œil se réjouisse » (sourate Maryam, verset 26). Les dattes fraîches tombées du palmier ont été sa première nourriture après la naissance. C’est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de musulmanes en mangent à l’approche de l’accouchement.

Vous connaissez une femme qui attend un enfant ? Envoyez-lui cette histoire. Le jour venu, elle saura qu’avant elle, une autre a dit « je n’en peux plus », et qu’on lui a répondu : « Ne t’afflige pas. »

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