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Fidya 2027 : montant, qui la doit et différence avec la kaffara

Au sommaire de cet article

Une mère âgée qui ne tient plus le jeûne, un père diabétique sous insuline, une jeune maman qui allaite pendant tout le Ramadan : chaque année, des familles se demandent ce qu’il faut verser à la place des jours non jeûnés, et combien. La réponse porte un nom, la fidya, et elle a une sœur plus lourde avec laquelle on la confond souvent, la kaffara. Voici qui doit la fidya, son montant pour le Ramadan 2027 et comment il se calcule, la manière de la verser, puis ce qu’est la kaffara et quand elle s’impose.

Les règles présentées ici suivent les quatre écoles juridiques, dont les avis sont exposés sans être tranchés. Pour un cas personnel, en particulier médical, l’avis de votre imam et celui de votre médecin font foi.

À retenir

La fidya consiste à nourrir un pauvre pour chaque jour de Ramadan qu’on ne peut ni jeûner ni rattraper : elle concerne d’abord la personne âgée et le malade sans espoir de guérison. Pour 2026, la Grande Mosquée de Paris l’a fixée à 7 € minimum par jour, et le CFCM a donné une fourchette de 2 à 12 € selon l’école suivie ; les montants 2027 ne sont pas encore publiés. La kaffara, elle, sanctionne un jour de Ramadan rompu volontairement : deux mois de jeûne consécutifs ou, à défaut, soixante pauvres à nourrir.

Les mains d'un homme âgé servent une assiette de viande mijotée et de pain à un convive, sur une table familiale à l'heure de la rupture du jeûne

La fidya, une compensation prévue par le Coran

Le mot fidya (فدية) signifie rançon ou compensation. Le verset qui l’institue est celui qui prescrit le jeûne du Ramadan : il distingue celui qui rattrapera plus tard de celui qui ne le pourra pas.

فَمَن كَانَ مِنكُم مَّرِيضًا أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِّنْ أَيَّامٍ أُخَرَ ۚ وَعَلَى الَّذِينَ يُطِيقُونَهُ فِدْيَةٌ طَعَامُ مِسْكِينٍ

« Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Et pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’avec grande difficulté, il y a une compensation : nourrir un pauvre. »

Coran, sourate Al-Baqara (2), verset 184.

Au début de l’islam, ce verset laissait à chacun le choix entre jeûner et nourrir un pauvre ; le verset suivant (2:185) a rendu le jeûne obligatoire pour celui qui en est capable. Ibn ‘Abbas a précisé ce qui restait de la compensation.

« Ce verset n’est pas abrogé : il concerne le vieil homme et la vieille femme qui ne peuvent plus jeûner. Ils nourrissent un pauvre pour chaque jour. »

Rapporté par Al-Bukhari (4505).

Tout est dit : la fidya ne remplace pas le jeûne de celui qui pourra le rattraper. Elle remplace le jeûne de celui qui ne le pourra plus.

Fidya, rattrapage ou kaffara : qui doit quoi ?

Trois réponses existent selon la raison pour laquelle le jeûne n’a pas été fait : le rattrapage (qadâ’), la compensation (fidya) et l’expiation (kaffara). Le tableau suivant donne la règle de chaque situation ; les cas débattus sont détaillés plus bas.

Situation Ce qui est dû
Maladie passagère, voyage, règles, lochies Rattrapage seul, un jour pour un jour, avant le Ramadan suivant
Personne âgée qui ne peut plus jeûner Fidya pour chaque jour, sans rattrapage (recommandée et non obligatoire chez les malikites)
Maladie chronique sans espoir de guérison, sur avis médical Fidya pour chaque jour, sans rattrapage
Femme enceinte ou allaitante qui ne jeûne pas Rattrapage, avec ou sans fidya selon les écoles (voir le tableau plus bas)
Rattrapage repoussé sans excuse au-delà du Ramadan suivant Rattrapage + fidya pour les malikites, chaféites et hanbalites ; rattrapage seul pour les hanafites
Jour de Ramadan rompu par un rapport conjugal Rattrapage + kaffara, pour les quatre écoles
Jour de Ramadan rompu en mangeant ou buvant volontairement Rattrapage + kaffara pour les hanafites et les malikites ; rattrapage et repentir pour les chaféites et les hanbalites
Manger ou boire par oubli Rien : le jeûne reste valide

La dernière ligne évite bien des inquiétudes inutiles. Le Prophète (ﷺ) a dit : « Celui qui, jeûnant, oublie et mange ou boit, qu’il complète son jeûne : c’est Allah qui l’a nourri et abreuvé » (Al-Bukhari 1933, Muslim 1155). Les actes qui annulent réellement le jeûne sont détaillés dans notre article sur les annulatifs du jeûne du Ramadan.

Qui doit la fidya ?

La personne âgée et le malade sans espoir de guérison

C’est le cas que vise le verset. La personne que l’âge a affaiblie au point que le jeûne lui cause une peine excessive, ou le malade dont l’état ne laisse pas espérer de guérison (insuffisance rénale, diabète traité par insuline, traitement quotidien incompatible avec le jeûne), ne jeûne pas et nourrit un pauvre pour chaque jour du mois. Le caractère durable de l’incapacité se juge sur avis médical, pas sur une impression. Les hanafites, les chaféites et les hanbalites tiennent la fidya pour obligatoire dans ce cas ; les malikites la jugent recommandée pour la personne âgée, sans en faire une obligation.

Celui qui est malade pendant le Ramadan mais guérira ne doit pas de fidya : il rattrape ses jours, même si cela prend des mois.

La femme enceinte ou allaitante, un cas débattu

Tous les savants s’accordent sur un point : la femme enceinte ou qui allaite peut ne pas jeûner si elle craint pour elle-même ou pour son enfant. Ils divergent sur ce qu’elle doit ensuite.

Avis Femme enceinte Femme allaitante
Hanafites Rattrapage seul Rattrapage seul
Malikites Rattrapage seul (elle est assimilée à la malade) Rattrapage + fidya
Chaféites et hanbalites Crainte pour elle-même : rattrapage seul. Crainte pour l’enfant seulement : rattrapage + fidya Même distinction que pour la femme enceinte
Ibn ‘Abbas et Ibn ‘Umar Fidya sans rattrapage, quand elle craint pour l’enfant (Abou Dawoud 2318). Avis minoritaire, retenu par quelques savants contemporains pour la femme qui enchaîne grossesses et allaitements

Le détail de ces avis, avec les situations concrètes, se trouve dans nos articles sur la femme enceinte pendant le Ramadan et sur l’allaitement et le jeûne.

Le rattrapage repoussé au-delà du Ramadan suivant

Les jours manqués se rattrapent avant le Ramadan suivant. ‘Aïcha rapporte : « Il m’arrivait de devoir des jours de Ramadan, et je ne pouvais les rattraper qu’en Cha’bân » (Al-Bukhari 1950, Muslim 1146). Celui qui laisse passer ce délai sans excuse doit toujours rattraper ses jours. Les malikites, les chaféites et les hanbalites y ajoutent une fidya par jour en retard, sur la base d’avis de compagnons ; pour les chaféites, elle se multiplie avec chaque année de retard. Les hanafites ne demandent que le rattrapage. Celui que la maladie, une grossesse ou un allaitement a empêché de rattraper n’a, lui, rien à ajouter.

Montant de la fidya pour le Ramadan 2027

La base : un repas par jour

Aucun hadith du Prophète (ﷺ) ne fixe la quantité. Le verset dit « nourrir un pauvre », et les compagnons ont donné des mesures différentes : un mudd, c’est-à-dire ce que contiennent deux mains jointes, ou un demi-sâ’. Le sâ’ vaut quatre mudd, soit environ 2 à 3 kg de denrée selon les conversions. Pour Ibn ‘Abbas, le vieillard « nourrit chaque jour un pauvre d’un demi-sâ’ de blé » (Ad-Dâraqutnî 2386).

De 2 € à 12 € : une question de mesure

L’écart entre les sommes annoncées en France ne vient pas d’erreurs de calcul. Il vient de la mesure retenue par chaque école, convertie ensuite en euros.

École Quantité par jour Repère en euros (2026)
Malikites et chaféites Un mudd de la nourriture courante du pays Le quart de la zakât al-fitr : 2 à 3 €
Hanbalites Un mudd de blé, ou un demi-sâ’ d’une autre denrée Entre le quart et la moitié
Hanafites Un demi-sâ’ de blé, ou un sâ’ de dattes ou d’orge, ou leur valeur en argent La moitié de la zakât al-fitr (3,50 à 6 €) ou son équivalent (7 à 12 €)

C’est exactement la grille que le CFCM a publiée pour le Ramadan 2026 : par jour manqué, la fidya « peut varier entre l’équivalent de Zakat El Fitr (soit entre 7 et 12 euros), de sa moitié (soit entre 3,5 et 6 euros) ou de son quart (soit entre 2 et 3 euros) ». La Grande Mosquée de Paris a retenu une seule référence, la « Fidyah minimum à sept (7) euros par jour de compensation » (communiqué du 20 février 2026). Les associations humanitaires annoncent pour leur part entre 2 € et 9 € par jour, selon le coût réel des repas qu’elles servent.

Ce qu’on sait du montant 2027

Le Ramadan 2027 devrait commencer autour du 8 ou du 9 février 2027. Au 4 octobre 2026, ni le CFCM ni la Grande Mosquée de Paris n’ont publié de montant pour la fidya 2027 : ces annonces tombent en général quelques semaines avant le mois (le 3 février pour le CFCM et le 20 février pour la Grande Mosquée de Paris en 2026). Les montants évoluent lentement : la Grande Mosquée de Paris annonçait 5 € par jour en 2022, contre 7 € en 2026. Pour préparer un budget, les références 2026 restent la meilleure base. Le calcul est simple : nombre de jours multiplié par le montant par jour. Un mois de 30 jours représente 210 € à 7 €, ou 270 € à 9 €.

Calculer sa fidya ou sa kaffara

Fidya : 210 € pour 30 jours.

Kaffara (60 pauvres) : 420 € par jour rompu.

Comment verser la fidya ?

En nourriture ou en argent

Le verset parle de nourrir. Pour la majorité des savants, la fidya se donne donc en nourriture : un repas préparé, ou une quantité de denrée courante (riz, semoule, farine, dattes). Les hanafites acceptent qu’elle soit donnée en argent, à hauteur de la valeur de cette nourriture. Entre les deux, une solution fait l’accord de tous : confier la somme à une personne ou à une association qui achète la nourriture et la remet aux pauvres. Elle agit alors comme votre mandataire, et la fidya est accomplie quand le repas parvient au bénéficiaire.

Anas ibn Malik, devenu trop âgé pour jeûner, a montré la manière la plus simple de faire : il nourrissait chaque jour un pauvre de pain et de viande, et une année il prépara un grand plat de tharîd, du pain trempé dans un bouillon de viande, auquel il invita trente pauvres en une seule fois (rapporté par Al-Bukhari en commentaire du verset 2:184, et par Ad-Dâraqutnî 2390).

À qui donner la fidya ?

La fidya revient aux pauvres et aux nécessiteux. Elle suit la même règle que la zakât pour la famille : on ne la donne pas à ceux dont on assure déjà l’entretien, c’est-à-dire ses parents et grands-parents, ses enfants et petits-enfants, son épouse. Un frère, une tante ou un cousin dans le besoin peuvent la recevoir, et ils sont même prioritaires. Le détail de cette règle est expliqué dans notre article à qui donner la zakât. Il est permis de donner la fidya de tous les jours à un seul pauvre, en une ou plusieurs fois : Al-Mardâwî rapporte qu’il n’y a pas de divergence sur ce point (al-Insâf).

Quand verser la fidya ?

La fidya compense des jours de Ramadan : elle ne peut pas être versée avant que le mois commence. An-Nawawi rapporte l’accord des chaféites sur ce point (al-Majmû’), et Ibn ‘Uthaymîn précise qu’on ne paie pas au début du mois pour des jours qui ne sont pas encore dus. Trois façons de faire sont admises :

  • au jour le jour, un repas pour chaque jour non jeûné ;
  • en une fois à la fin du mois, pour tous les jours, comme le faisait Anas ;
  • en une fois dès le premier jour du Ramadan, pour tout le mois : les hanafites l’autorisent, d’autres savants demandent d’attendre que chaque jour soit arrivé.

Une fidya due pour un Ramadan passé, elle, peut être versée dès maintenant : c’est une dette qui reste à régler.

Où verser sa fidya ?

Allo Mouton ne collecte pas la fidya. Pour la verser, nous recommandons l’association Au Cœur de la Précarité, qui permet de payer sa fidya à 2 € par jour non jeûné. Ce prix bas s’explique : l’association produit ses repas en grande quantité, ce qui réduit le coût de chacun, puis les distribue aux plus démunis. Il correspond au mudd, la mesure retenue par les malikites et les chaféites (voir le tableau plus haut).

Pour aller au-delà de la fidya et nourrir des familles en difficulté pendant le Ramadan, notre colis solidaire (35 €) apporte de la viande fraîche pour quinze repas à des associations partenaires qui la redistribuent. C’est une sadaqa, distincte de la fidya.

La kaffara, l’expiation du jeûne rompu volontairement

La kaffara (كفارة) n’a rien d’une compensation : c’est une expiation. Elle ne concerne pas celui qui ne peut pas jeûner, mais celui qui pouvait jeûner, avait commencé son jour de Ramadan, et l’a rompu délibérément. Elle s’ajoute au rattrapage du jour, elle ne le remplace pas. Elle ne s’applique qu’au mois de Ramadan lui-même : rompre un jour de rattrapage ou un jeûne surérogatoire n’entraîne pas de kaffara.

Un homme vint dire au Prophète (ﷺ) : « Je suis perdu. J’ai eu un rapport avec ma femme alors que je jeûnais le Ramadan. » Il lui demanda : « Trouves-tu un esclave à affranchir ? » Il répondit non. « Peux-tu jeûner deux mois consécutifs ? » Il répondit non. « Trouves-tu de quoi nourrir soixante pauvres ? »

Rapporté par Abou Hourayra, Al-Bukhari (1936) et Muslim (1111).

Ce qui entraîne la kaffara selon les écoles

Le hadith porte sur un rapport conjugal, et les quatre écoles s’accordent à exiger la kaffara dans ce cas. Elles divergent sur le fait de manger ou de boire volontairement. Les hanafites et les malikites y voient la même atteinte au jeûne et exigent la kaffara. Les chaféites et les hanbalites la réservent au rapport conjugal : celui qui a mangé ou bu sans excuse rattrape son jour et se repent, ce qui reste une faute grave. Pour l’épouse consentante, les hanafites et les malikites exigent une kaffara distincte, les chaféites n’en demandent qu’une, celle du mari, et les hanbalites connaissent les deux avis.

Soixante jours ou soixante pauvres

Le hadith cite trois expiations. L’affranchissement d’un esclave est sans objet aujourd’hui ; restent le jeûne et le repas.

  • Dans l’ordre, pour les hanafites, les chaféites et les hanbalites : jeûner soixante jours consécutifs, et seulement si l’on en est incapable, nourrir soixante pauvres. Une interruption sans excuse oblige à recommencer ; les règles, elles, ne rompent pas la continuité.
  • Au choix, pour les malikites, qui considèrent le repas des soixante pauvres comme la meilleure des trois expiations, parce que la plus utile.

Chaque pauvre reçoit la même quantité que pour la fidya. La majorité des savants exige soixante personnes distinctes ; les hanafites admettent de nourrir un même pauvre pendant soixante jours. Si plusieurs jours du même Ramadan ont été rompus, la majorité demande une kaffara par jour, et les hanafites une seule tant que la première n’a pas été accomplie.

Le coût d’une kaffara en euros

Quand elle se fait par le repas, la kaffara revient à soixante fois le montant journalier de la fidya. Sur les références 2026, cela donne 150 € sur la base d’un mudd à 2,50 €, 420 € sur la base de 7 € et 540 € sur la base de 9 €, pour un seul jour rompu. Le calculateur plus haut donne le montant selon le repère choisi.

Fidya, kaffara et zakât al-fitr, trois versements à ne pas confondre

Les trois se versent autour du Ramadan et se mesurent en repas, ce qui explique les confusions. Elles ne se remplacent pas l’une l’autre.

Critère Fidya Kaffara Zakât al-fitr
Nature Compensation Expiation Aumône obligatoire de fin de mois
Qui la doit Celui qui ne peut ni jeûner ni rattraper Celui qui a rompu volontairement un jour de Ramadan Tout musulman qui a de quoi nourrir son foyer le jour de l’Aïd, qu’il ait jeûné ou non
Calcul Un repas par jour non jeûné Soixante jours de jeûne, ou soixante repas par jour rompu Un sâ’ de nourriture par personne du foyer
Échéance Pendant ou après le Ramadan, jamais avant Dès que possible Avant la prière de l’Aïd el-Fitr
Rattrapage du jeûne Non, sauf cas débattus Oui, en plus Sans rapport

Une personne âgée qui ne jeûne pas doit donc sa fidya pour chaque jour et, si elle en a les moyens, sa zakât al-fitr comme tout le monde. La place de ces versements parmi les autres formes de don est expliquée dans notre article sur la sadaqa, la zakât et le sacrifice.

Questions fréquentes

Quel est le montant de la fidya en 2027 ?

Au 4 octobre 2026, il n’est pas encore publié : le CFCM et la Grande Mosquée de Paris l’annoncent en général quelques semaines avant le Ramadan, qui devrait commencer autour du 8 février 2027. Pour 2026, la Grande Mosquée de Paris l’avait fixée à 7 € minimum par jour, et le CFCM entre 2 et 12 € selon la mesure retenue par l’école suivie.

Peut-on payer la fidya en argent ?

Les hanafites l’acceptent, à hauteur de la valeur de la nourriture due. La majorité des savants demandent de donner de la nourriture, mais admettent de confier l’argent à une personne ou à une association qui achète les repas et les remet aux pauvres.

Peut-on verser la fidya avant le Ramadan ?

Non : elle compense des jours de Ramadan qui ne sont pas encore dus. On la verse au jour le jour, en une fois à la fin du mois, ou, selon les hanafites, en une fois dès le premier jour du Ramadan. Une fidya en retard pour un Ramadan passé peut en revanche être réglée à tout moment.

Peut-on donner toute sa fidya à une seule personne ?

Oui. Les savants admettent de donner la fidya de tous les jours manqués à un seul pauvre, en une fois ou en plusieurs. On peut aussi faire comme Anas ibn Malik, qui prépara un plat de viande et de pain pour trente pauvres réunis en une fois.

La femme enceinte doit-elle payer la fidya ?

Cela dépend de l’école. Les hanafites et les malikites ne lui demandent que le rattrapage. Les chaféites et les hanbalites ajoutent la fidya quand elle n’a rompu le jeûne que par crainte pour son enfant. Pour la femme qui allaite, les malikites demandent aussi la fidya en plus du rattrapage.

Combien coûte une kaffara pour un jour de Ramadan rompu ?

Quand elle se fait en nourrissant soixante pauvres, elle vaut soixante fois le montant journalier de la fidya : 420 € sur la base de 7 € par repas, 540 € sur la base de 9 €. Pour les hanafites, les chaféites et les hanbalites, ce repas n’est permis qu’à celui qui ne peut pas jeûner soixante jours consécutifs.

Que faire si l’on n’a pas rattrapé ses jours avant le Ramadan suivant ?

Il faut toujours les rattraper. Si le retard n’a pas d’excuse, les malikites, les chaféites et les hanbalites ajoutent une fidya par jour en retard ; les hanafites ne demandent que le rattrapage. Si une maladie, une grossesse ou un allaitement a empêché de rattraper, seul le rattrapage reste dû.

Peut-on payer la fidya pour un parent décédé ?

Oui. Si un parent est mort en devant des jours qu’il aurait pu rattraper, la majorité des savants admettent que ses héritiers nourrissent un pauvre pour chaque jour dû, de préférence sur sa succession. Un hadith permet aussi au proche de jeûner à sa place (Al-Bukhari 1952, Muslim 1147) ; les écoles divergent sur sa portée.

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